La troisième place à une présidentielle est rarement un tremplin
avril 30th, 2012 by pcor
Si la troisième place lors du premier tour de la présidentielle de 2012 n’en finit pas d’interpeller l’opinion nationale et internationale, il est peut-être nécessaire de rappeler ici qu’à une exception près, J. Chirac, cette troisième place fut souvent un sommet plus qu’un tremplin politique. Et même souvent la fin d’une carrière politique.
Depuis le présidentielle de 1969, laissons de côté celle de 1958 qui fut un plébiscite pour le général de Gaulle, tous les « troisième homme » au premier tour de la présidentielle virent leur carrière politique stoppée, à l’exception de J. Chirac qui fut troisième en 1981, juste devant G. Marchais.
En 1965, ce fut le centriste J. Lecanuet et en 1969, le communiste J. Duclos. En 1974, un chantre de « la nouvelle société », J. Chaban-Delmas comme en 1988, le « meilleur économiste » R. Barre. Puis en 1995, l’ami de trente ans du futur Président J. Chirac, ce « pauvre » E. Balladur et en 2002, le socialiste L. Jospin dont l’orgueil et la déroute le mirent « hors champs de la vie politique» dès le soir même du résultat connu.
Les deux derniers « troisième » en 2007 et donc en 2012 furent, pour mémoire, F. Bayrou, qui vient de diviser par deux son score en seulement cinq années, et donc M. le Pen il y a dix jours.
M. le Pen peut-elle vaincre là où seul J. Chirac réussit ? Le seul à ce jour à avoir rebondi et même à l’avoir remporté ensuite parmi les neuf « troisième homme » à une présidentielle, depuis l’élection de 1965.
Il semble bien que pour tous les autres candidats - J. Lecanuet, J. Chaban-Delmas, R. barre et F. Bayrou - leur lutte contre la droite gaulliste mis un terme à leur volonté de rénovation de la politique française. Le centrisme ne connut qu’une seule réussite, non renouvelée, celle de V. Giscard d’Estaing. La candidature d’E. Balladur en 1995 y ressemble par beaucoup, même si lui aussi venait du « camp « Chirac.
Pour le communiste J. Duclos, sa défaite permis certainement une candidature socialiste – puis une victoire – grâce à un « un programme commun » jusque là inenvisageable pour ses électeurs.
Quant à la défaite de L. Jospin, et surtout ses conséquences, elle permettra peut-être l’élection d’un second Président socialiste dimanche prochain, tant la présence lepéniste au second tour de l’élection de 2002 taraude encore le « peuple de gauche » dix ans plus tard.
Alors, quid de M. Le Pen ? Il est bien trop tôt pour le savoir, même si le discours de N. Sarkozy et l’écho qu’il rencontre peut augurer, malgré tout en cas de défaite dimanche soir, d’une droite qui va se recomposer et qui sera décomplexée vis à vis des thèmes frontistes, laissant la porte ouverte à d’autres candidats d’une droite plus nationaliste que gaulliste et libérale. M. Le Pen pourrait bien avoir plus de concurrence que n’en eut son père et ainsi voir sa chance d’accéder à une meilleure place que la troisième s’estomper à la prochaine présidentielle, si elle est candidate. Et pourquoi pas disparaître, elle aussi, comme huit autres candidats avant elle.
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