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    La troisième place à une présidentielle est rarement un tremplin

    avril 30th, 2012 by pcor

    Si la troisième place lors du premier tour de la présidentielle de 2012 n’en finit pas d’interpeller l’opinion nationale et internationale, il est peut-être nécessaire de rappeler ici qu’à une exception près, J. Chirac, cette troisième place fut souvent un sommet plus qu’un tremplin politique. Et même souvent la fin d’une carrière politique.

    Depuis le présidentielle de 1969, laissons de côté celle de 1958 qui fut un plébiscite pour le général de Gaulle, tous les « troisième homme » au premier tour de la présidentielle virent leur carrière politique stoppée, à l’exception de J. Chirac qui fut troisième en 1981, juste devant G. Marchais.

    En 1965, ce fut le centriste J. Lecanuet et en 1969, le communiste J. Duclos. En 1974, un chantre de « la nouvelle société », J. Chaban-Delmas comme en 1988, le « meilleur économiste » R. Barre. Puis en 1995, l’ami de trente ans du futur Président J. Chirac, ce « pauvre » E. Balladur et en 2002, le socialiste L. Jospin dont l’orgueil et la déroute le mirent « hors champs de la vie politique» dès le soir même du résultat connu.

    Les deux derniers « troisième » en 2007 et donc en 2012 furent, pour mémoire, F. Bayrou, qui vient de diviser par deux son score en seulement cinq années, et donc M. le Pen il y a dix jours.

    M. le Pen peut-elle vaincre là où seul J. Chirac réussit ? Le seul à ce jour à avoir rebondi et même à l’avoir remporté ensuite parmi les neuf « troisième homme » à une présidentielle, depuis l’élection de 1965.

    Il semble bien que pour tous les autres candidats - J. Lecanuet, J. Chaban-Delmas, R. barre et F. Bayrou - leur lutte contre la droite gaulliste mis un terme à leur volonté de rénovation de la politique française. Le centrisme ne connut qu’une seule réussite, non renouvelée, celle de V. Giscard d’Estaing. La candidature d’E. Balladur en 1995 y ressemble par beaucoup, même si lui aussi venait du « camp «  Chirac.

    Pour le communiste J. Duclos, sa défaite permis certainement une candidature socialiste – puis une victoire – grâce à un « un programme commun » jusque là inenvisageable pour ses électeurs.

    Quant à la défaite de L. Jospin, et surtout ses conséquences, elle permettra peut-être l’élection d’un second Président socialiste dimanche prochain, tant la présence lepéniste au second tour de l’élection de 2002 taraude encore le « peuple de gauche » dix ans plus tard.

    Alors, quid de M. Le Pen ? Il est bien trop tôt pour le savoir, même si le discours de N. Sarkozy et l’écho qu’il rencontre peut augurer, malgré tout en cas de défaite dimanche soir, d’une droite qui va se recomposer et qui sera décomplexée vis à vis des thèmes frontistes, laissant la porte ouverte à d’autres candidats d’une droite plus nationaliste que gaulliste et libérale. M. Le Pen pourrait bien avoir plus de concurrence que n’en eut son père et ainsi voir sa chance d’accéder à une meilleure place que la troisième s’estomper à la prochaine présidentielle, si elle est candidate. Et pourquoi pas disparaître, elle aussi, comme huit autres candidats avant elle.

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    L’entrée du F. N. à l’Assemblée Nationale est acquise

    avril 27th, 2012 by pcor

    Nous avions déjà craint, dans ces mêmes colonnes il y a plus de quatre mois, que cette campagne présidentielle marquerait la fin du « pacte républicain » en France.

    Depuis près d’une trentaine d’années, ce « pacte républicain » régit, bon gré mal gré le second tour de chaque élection locale, et même nationale. Face à un candidat F.N., les candidats battus appellent à voter pour le candidat de gauche ou de droite restant en lisse, face à un candidat F.N. présenté comme antidémocratique.  

    L’entrée du Front National lepéniste à l’Assemblée Nationale est acquise car non seulement ce pacte républicain s’effondre sous les coups de boutoir de la Droite Populaire et d’une majorité des sympathisants de l’UMP, mais elle est également acquise par F. Hollande qui reprend à son compte la demande des « petits partis » d’introduire une dose de proportionnelle parmi nos députés.

    F. Hollande a même indiqué qu’il pensait qu’environ 15 % de proportionnelle serait correct. Si nous comptons bien, en imaginant que M. le Pen réalise le même score qu’elle vient de réussir à cette présidentielle, cela lui apporterait automatiquement environ 15 députés dans la prochaine Assemblée Nationale.

    Le débat qui a lieu actuellement sur la posture du PS et de l’UMP lors des prochaines législatives est donc bien peu d’actualité. Une fois de plus, il serait préférable pour les quelques 40 millions de français qui s’apprêtent à voter de comprendre, à partir de données factuelles, comment l’un ou l’autre compte réduire le chômage et augmenter le pouvoir d’achat, permettre l’accès au logement pour tous, mais également à la santé et à l’éducation en cette période de grave crise financière.

    L’entrée du Front National à l’Assemblée Nationale rappellera à ses sympathisants que ce parti n’est rien d’autre qu’une entreprise familiale « Le Pen » comme la Ligue du Nord en Italie fût l’entreprise de la famille Bossi.

    Il n’est qu’à voir le parachutage de la petite-fille le Pen à Carpentras, ville du Vaucluse où M. le Pen vient de franchir la barre des 30 % de votes, pour bien comprendre que les quinze députés de ce mouvements auraient certainement un point commun : leur filiation. Et rien d’autre. Ce qui pourrait se révéler in fine comme la meilleure opposition au discours politique lepéniste.

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    F. Bayrou doit être la conscience de notre nation

    avril 25th, 2012 by pcor

    Perdu pour la présidentielle de 2012, François BAYROU doit fermement prendre position pour la démocratie en France et en Europe. La radicalisation de cette présidentielle, dans un moment de crise financière extrême, dont nous ne savons pas à ce jour comment notre économie s’en sortira, oblige le candidat centriste à être le garant de la liberté, de l’égalité et de la fraternité en France.

    N. Sarkozy est prêt à tout pour sauver l’UMP et sa fonction présidentielle. Avec les 2/3 de son électorat, il est prêt à collaborer avec l’extrême droite, comme le fît en son temps le héros de la guerre de 1914/18, le général Pétain. Nous savons combien vendre son âme est une victoire à la Pyrrhus, et plus encore, un drame humain.

    F. Hollande serait prêt à pactiser avec l’extrême gauche pour gagner les prochaines législatives et s’assurer une majorité à l’Assemblée nationale. Faut-il rappeler que cette extrême gauche, par rejet du capitalisme et par soutien - certes légitime -  au peuple palestinien est capable d’en devenir antisémite, dogmatiquement antiaméricaine et antieuropéenne.  

    Pour « la bonne cause », le PS et l’UMP sont prêts à franchir le Rubicon, avec toutes les conséquences morales et éthiques qui vont avec. Et notamment celle de désigner à la vindicte populaire des « boucs émissaires ». Les musulmans, l’Europe et les organisations syndicales d’un côté, la libre entreprise, le fédéralisme et la mondialisation de l’autre côté.

    François Bayrou doit être celui qui ne tremblera pas devant ce flot de haine potentielle. Il doit réagir dès maintenant et appeler à sortir N. Sarkozy au deuxième tour de cette présidentielle et en même temps il doit appeler à voter contre les candidats de gauche qui veulent s’allier avec l’extrême gauche aux prochaines législatives.

    La France du oui à l’Europe et aux comptes publics équilibrés existe encore. Elle doit être représentée, même et surtout en période de crise. Il doit le dire dès maintenant, sans ambigüités. Tous les français qui priorisent avant tout la liberté, l’égalité et la fraternité comptent sur lui. Maintenant. Pas après tel ou tel calcul politicien.

    Le général de Gaulle et Churchill n’était pas très populaires quand ils se bâtirent contre la barbarie, en ayant pour seul et unique programme « du  sang et des larmes ». Jean Moulin et d’autres y laissèrent même leur vie. Il faut être fort, dans la tempête. Et elle gronde. François Bayrou doit s’engager avant qu’il ne soit trop tard.

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    Que penser après ce premier tour de la présidentielle ?

    avril 23rd, 2012 by pcor

    Finalement, les données des instituts de sondages n’étaient pas si éloignées que cela du résultat final. Depuis déjà plusieurs semaines, ces instituts nous annonçaient l’ordre d’arrivée du premier tour de cette élection présidentielle. Les mouvements ressentis dans la dernière ligne droite : léger décrochage de N. Sarkozy et de J.L. Mélenchon au profit de M. le Pen se sont même confirmés.

    Même si cela augure d’un futur bien sombre, il nous faut bien nous rendre à l’évidence : sans une campagne très à droite de N. Sarkozy, il est fort probable que l’ordre d’arrivée entre lui et M. le Pen aurait été inversé.

    Cela doit nous inciter à réfléchir. M. le Pen, et surtout son électorat, et plus largement la droite dite populaire, est-ce l’extrême droite telle qu’elle fût au pouvoir à Berlin, à Rome, à Madrid et même à Vichy il y a 80 ans ?

    Pour les amateurs de romans policiers, il y a un auteur, Philip Kerr, qui a choisi pour décor le Berlin les années 1929 – 1932 pour nous faire revivre, dans la peau un policier, l’état d’esprit qui dominait alors. Bien sûr, c’est une fiction, mais les éléments sont puisés à partir de faits réels.

    Et que met-il en avant ? Un nigaud, pour une grande partie de la population allemande, qui propose de sortir du chômage de masse, de la corruption des élites, de la débauche morale, … Par des procédés inimaginable alors. Et devant l’échec du SPD – centre - alors à la tête de l’État, la population fini par se dire : « on a essayé tous les autres, ça ne marche pas, pourquoi ne pas lui donner une chance, à lui ».

    Que penser du contenu de cette campagne électorale qui vient de mettre aux prises des partisans du produire français, de la sortie de l’euro, de la fermeture des frontières mais également d’un nouveau front populaire ? Un remake ou une nouvelle aventure démocratique ?

    Comme tout l’indique depuis de nombreux mois, N. Sarkozy inspire avant tout le rejet pour une majorité de français. Et sa chute favoriserait les desseins de l’extrême droite, mais également du centre droit. Nous savons tous qu’en politique, les adversaires les plus féroces sont ceux qui naviguent à proximité les uns des autres.

    L’expérience nous rappelle également que le parti socialiste ne partage pas le pouvoir, sauf contraint. En fonction du résultat des prochaines législatives, il aura besoin peut-être de l’extrême gauche pour gouverner, ou pourra agir seul. Mais l’élargissement de sa politique n’ira pas au-delà. Nous pouvons donc anticiper un choix politique, économique et culturel très orienté vers la fonction publique et l’aide sociale aux plus démunis, ce qui cristallisera encore plus « le petit peuple ».

    Si, comme tous les indicateurs économiques le prédisent, nous allons comme nos voisins immédiats vers une période de ralentissement, et donc de difficultés financières, suivies d’une forte montée du chômage, les mois à venir apporteront de l’eau au moulin de la droite populiste mais également de la gauche communiste.

    Et, le monopole politique alors exercé par le parti socialiste nous conduisant immanquablement vers une forme de corruption et de distance avec la population, tous les ingrédients seraient alors réunis pour un retour en force des combats violents entre les extrêmes. Y aura t-il un vainqueur ? Peut-on y échapper ? Autant de questions qu’aura soulevée, une fois encore, cette campagne présidentielle.

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    Quand J.L. Mélenchon siphonne les intentions de vote de M. le Pen

    mars 23rd, 2012 by pcor

    A quatre semaines du premier tour de l’élection présidentielle, les candidats en terminent avec ce long faux plat qui les conduira fin mars au pied du sprint final, et pour deux d’entre eux, vers une qualification pour un second tour.

    Le fait marquant de ces dernières semaines est le siphonage par J.L. Mélenchon des intentions de vote de M. le Pen au premier tour. Beaucoup s’en réjouissent, pensant par là même y voir un retour en grâce du politique contre l’anarchie et le sabordage de la démocratie. Il reste bien des sujets politiques tabous, à n’en pas douter.

    Cette situation est assez surprenante et elle n’était pas prévue, tant le communisme était exsangue depuis G. Marchais, électoralement. Elle devrait profiter avant tout à F. Hollande et à N. Sarkozy, quant à leurs espoirs de qualification pour le second tour. Si, comme les sondages actuels l’indiquent, J.L. Mélenchon et M. Le Pen peuvent obtenir autour de 15 % des votes au premier tour, F. Hollande et à N. Sarkozy seront alors assurés d’être devant.

    Contre toute attente, la forte montée de J.L. Mélenchon aurait d’abord pour effet de qualifier N. Sarkozy. La grande perdante en serait M. le Pen, qui verrait ainsi toutes ses chances de perturber cette présidentielle s’évanouir. N. Sarkozy aurait produit un discours inutilement nauséabond pour tenter de se qualifier. Surtout qu’il renvoie désormais publiquement la faute de ses erreurs sur son ex-femme. Quelle dignité !

    Deux candidats qui se battent pour la gagne et deux qui se prennent et se reprennent régulièrement une bonne partie de l’électorat populaire, voilà une situation qui mériterait d’être analysée. Pour F. Bayrou, il est fort probable que cette situation réduise encore plus son audience, allant peut-être jusqu’à le rendre totalement inaudible pour ces dernières semaines.

    Depuis l’émergence du Front National lepéniste dans les années 80, celui-ci avait réussi à amener vers lui les ex communistes, quoi qu’en disent ce parti et ses alliés. Un retour au bercail est-il en train de se produire ? Si le front de gauche continue ainsi, il est fort probable qu’il réussisse à devenir ce qu’est en Allemagne « Die Linke », un parti de la gauche radicale.

    Parti qui a été fondé en été 2007 et qui comprend des courants qui proclament (en paroles) la révolution et le communisme. Un parti contestataire qui n’a pas hésité à présenter la « Sarkoziste » Beate Klarsfeld à la Présidence de la République le 18 Mars dernier. C’est dire si son programme politique va « surmonter le capitalisme », comme il le prétend.

    Cet aller et retour entre l’extrême gauche et l’extrême droite française a la particularité de voir peu de ses sympathisants s’arrêter entre les deux. L’UMP et le PS ont peu à attendre de ces électeurs virevoltants. Pour un nombre non négligeable d’entre eux, ils s’abstiendront même au second tour. Les plus radicaux veulent « faire péter le système », comme ils disent, et peu importe que cela passe par la droite ou par la gauche.

    Mais la particularité de cette présidentielle reste rejet qu’inspire N. Sarkozy, même s’il remonte dans les sondages. Cela devrait permettre à F. Hollande de récupérer des voix issues de l’extrême gauche au second tour, peut-être pour la dernière fois. Car le parti socialiste pourrait bien connaître à son tour les affres des triangulaires ou des quadrangulaires aux prochaines élections locales. D’autant plus que les écologistes se radicalisent eux aussi de plus en plus. 

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    Vers des démocraties liberticides ?

    mars 7th, 2012 by pcor

    Cette présidentielle française 2012 expose des programmes qui fleurent bon une privation de liberté pour tout ou partie de la population. En cela, ses desseins rejoignent pour beaucoup ce qui s’affirme un peu partout en Europe du sud ces derniers temps.

    La définition d’une démocratie est l’exercice du pouvoir par le peuple. Les peuples aspirent-ils à se priver volontairement, ou inconsciemment, d’une liberté si chèrement acquise ? La démocratie est-elle un mode de gouvernance à ce point difficile ?

    Quelles que soient les raisons que nous pourrions invoquer : rejet de représentants inconséquents, peur de l’avenir, incapacité à assumer la réalité, … Nous savons tous qu’il faut des décennies pour construire et gagner la paix et la liberté, et seulement quelques instants pour tout perdre.

    La campagne présidentielle française souligne que les deux candidats qui réunissent le plus grand nombre de supporters, bruyants et passionnés, sont M. le Pen et J.L. Mélenchon. Et que pour gagner leur place au second tour, les deux favoris, F. Hollande et N Sarkozy, reprennent leurs idées, sans le moindre remord. A force de piocher chez ces deux populistes, le mandat de celui qui l’emportera finira bien par mettre en œuvre nombre des idées réactionnaires de ces candidats.

    Front National lepéniste ou front national de gauche, la différence n’apparaît qu’à ceux qui ne veulent pas assumer leur rejet de la complexité d’une organisation démocratique. En 2005 déjà, ces deux candidats avançaient comme explication principale à un non européen le chiffon du « plombier polonais », sensé prendre la place des travailleurs français.

    Chacun de leur programme n’est qu’une longue liste d’interdits posés directement ou en creux, pour mieux protéger. Mais protéger qui, de quoi ? De vivre ?

    Peut-on raisonnablement penser que notre prochain président aura la légitimité suffisante pour imposer au pays des contraintes ? Les idées avancées aujourd’hui seront bien peu efficaces face à la dette, au déficit extérieur, au chômage, … Bien sûr, pour motiver les troupes, surtout quand on a peu de marge de manœuvre et que l’on a pas énoncé au préalable toutes les mesures d’austérité que l’on envisage, il est plus aisé de stigmatiser, de se trouver un ennemi, de déclarer une guerre, comme le font en permanence les régimes autoritaires. Mais avec quelles conséquences ?

    Quand on emprunte cette voie, il faut toujours aller plus loin. Un peu comme avec une chaîne de Ponzi. Il faut en permanence trouver d’autres victimes, sinon vous sombrez. Quand vous avez commencé, vous ne pouvez plus vous arrêter qu’un moment de la chute, violente et destructrice pour tous.

    De tout cela ne pourra sortir qu’un régime liberticide. Elu par le peuple. Et peut-être même avec beaucoup d’enthousiasmes. Comme peut-être partout en Europe du sud, très prochainement.

    S’ils étaient encore là, J.P. Sartre justifierait certainement cet horizon en nous expliquant que tout cela, c’est pour la bonne cause, alors qu’il écrivait pourtant que « l’angoisse est le vertige de la liberté » et A. Camus serait vilipendé pour sa lâcheté de « petit bourgeois », mais nous rappellerait que pour lui, « la liberté n’offre qu’une chance d’être meilleur, la servitude n’est que la certitude de devenir pire ».

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    Démagogue ⇨ politicien

    mars 5th, 2012 by pcor

    C’est ainsi que l’on trouve un renvoi dans le dictionnaire des synonymes « les usuels du Robert », édition de 1989 : Démagogue politicien.  Normal, puisque la définition première de ce nom vient du grec dêmagôgos signifiant « qui conduit le peuple ».

    Ce mot est devenu en français la définition d’une attitude qui consisterait à flatter les aspirations ou les préjugés d’une population pour en obtenir ou garder le pouvoir.

    Evitons de ricaner et ressaisissons nous. Le grec, et notamment le grec ancien, a tellement apporté à notre civilisation que nous serions bien inspirés d’y réfléchir à deux fois avant de moquer cette langue et ses habitants, comme le firent peut-être il y a quelques millénaires nos ancêtres Celtes et ce jusqu’à la Gaule romaine.

    La crise actuelle que connaît ce pays n’est pas un épiphénomène. Et la façon dont elle se développe, avec et contre l’Europe, les banques et d’autres, pourrait bien finir par caractériser notre langue et notre pensée futures.

    Que l’on y observe de plus près la situation. Voilà un peuple, fier et sanguin, qui nous fît l’honneur d’appartenir à l’Europe politique et économique pour porter haut et fort notre culture spécifique. Pour cela, avec l’aide de tous, ses dirigeants « bidouillèrent » les comptes publics afin de satisfaire aux règles édictées. Preuve qu’avec un peu d’intelligence, tout le monde peut se conformer aux valeurs en vogue, à un moment donné.

    Et puis, pris dans une spéculation et des transactions financières mondiales ingérables, ce pays est alors au bord de la faillite. Branle-bas de combat un peu partout car la peur de la contagion guette l’Europe. Pourquoi ? Allez savoir. Peut-être que tant d’autres ont fait de même. Ou que le système est particulièrement fragile.

    Les mêmes pays qui édictèrent ces règles aléatoires et les banques qui s’enrichirent grâce à la spéculation s’affolent, critiquent, accusent puis s’obligent à sauver ce pays. Et après deux années très mouvementées, un modèle semble trouvé.

    Mais quel modèle ? Les banques annulent une partie de leurs intérêts par grandeur d’âme. Les pays les plus riches mettent « la main au pot » en se persuadant que c’est un nouveau prêt que les grecs devront rembourser. Et chacun de vouloir prendre une part du pays si celui-ci ne respectait pas les engagements pris par ses créanciers, sans qu’à aucun moment le peuple ne donne son accord pour quoi que ce soit.

    Autrement dit : les pays et les banques imposent leurs conditions, paient et exigent des grecs qu’ils baissent leurs salaires, en finissent de frauder le fisc et s’intègrent dans la compétitivité mondiale. Et s’ils ne le font pas, ou que très partiellement ? Ils envahiront la Grèce ?

    Restons vigilants et attentifs. De nouveaux mots vont bientôt embellir notre langue. De nouvelles façons de penser également. Merci par avance aux grecs.

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    Intentions de vote : si N. Sarkozy décrochait, F. Hollande suivrait

    mars 5th, 2012 by pcor

    La campagne électorale actuelle pour la présidentielle ne mobilise pas les foules et les passions, c’est le moins que l’on puisse dire. Le meilleur argument électoral de F. Hollande reste le rejet du président sortant et candidat à un nouveau mandat, N. Sarkozy. Avec 60 % d’opinions négatives à sept semaines du premier tour, c’est imparable.

    Sans cette situation désormais habituelle pour l’ensemble des pays européens en crise financière et depuis si longtemps pour le parti socialiste français, le programme du candidat de la gauche apparaitrait comme bien fade.

    Depuis la réélection de F. Mitterrand en 1988, les candidats socialistes doivent leurs élections aux rejets des autres plus qu’à eux-mêmes et à leurs idées. La présence de candidats d’extrême droite leur permis de gagner de nombreux Départements français, grâce à de multiples triangulaires. Et il en fut de même pour obtenir une courte majorité dans la plupart des Régions françaises.

    Puis, en étant dans l’opposition, ils gagnèrent de nombreuses grandes villes. Enfin, la réforme territoriale mal perçue par les élus locaux et voulue par la majorité actuelle leur donna récemment un gain suffisant pour s’emparer, à une courte majorité, du Sénat. Et voilà que le rejet du président sortant pourrait leur servir sur un plateau la Présidence de la République Française.

    Le parti socialiste, qui réunit par adhésion entre un quart et un tiers des votes en France, pourrait en juin 2012, après les législatives, se retrouver à la tête de tous les pouvoir électifs. Cela devrait par ailleurs questionner le fonctionnement de la représentativité démocratique de notre République vieillissante.

    Il apparaît donc essentiel pour le candidat F. Hollande de maintenir en vie la candidature du président sortant, N. Sarkozy, et de laisser croire que celui-ci est toujours en position d’être réélu. La tâche n’est pas simple, tant N. Sarkozy apparaît comme le pire des candidats que la droite française puisse présenter en 2012. F. Fillon, A. Juppé et peut-être d’autres feraient de bien meilleurs candidats.

    Plus personne ne supporte les C. Guéant, les N. Morano et autres F. Lefebvre. Jusqu’à la désignation de N. Kosciusko-Morizet comme porte-parole de la campagne du candidat président, tout paraît inadéquat. Comment cette jeune femme brillante peut-elle se mettre en danger avec autant d’aveuglement ? Une N. Kosciusko-Morizet qui semble d’une étonnante fragilité physique. Et l’on peut même se demander si elle se remettra politiquement de l’obligation qui lui est faite d’aller courir les caniveaux pour porter un discours réactionnaire à la droite de la droite.

    Si N. Sarkozy devait décrocher dans les intentions de vote et passer sur la barrière fatidique des 20 %, il est fort à parier que les intentions de vote en faveur de F. Hollande suivraient puisque dès lors la peur de revoir N. Sarkozy s’évaporerait. Toutes les hypothèses seraient ensuite permises. Nous voyons bien que M. le Pen et F. Bayrou ne sont pas encore éliminés. Mais également pour N. Dupont Aignan ou D. de Villepin à droite ou pour J.L. Mélenchon à gauche, ces candidatures seraient alors à portée d’un bon coup.

    La présence potentielle de N. Sarkozy au second tour de cette élection présidentielle est vraiment essentielle pour la candidature de F. Hollande. Que le parti socialiste ne n’oublie pas s’il veut l’emporter. 

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    La french lover attitude

    février 13th, 2012 by pcor

    La présidentielle fut d’une violence inouïe, comme d’habitude, et les législatives qui suivirent démontrèrent une fois de plus l’effet diabolique de notre système majoritaire, donnant une majorité absolue à un seul parti politique et des miettes pour tous les autres. Tous les mouvements politiques sont sans dessus dessous. Nous sommes fin juin 2012.

    François H. a été élu Président et son parti détient dorénavant la majorité absolue à l’Assemblée nationale, comme il l’avait déjà au Sénat, ainsi que dans quasiment toutes les Régions de France, dans une grande majorité de Départements et de grandes villes de métropole et des territoires d’outre-mer. Au lieu de calmer les troupes conquérantes, c’est la foire d’empoigne. Il n’en peut plus, lui qui aime tout le monde et voudrait être le roi chéri par tous. A bout d’arguments, il se rend à l’évidence, et, pour permettre à chacun d’avoir sa place, il décide, grand seigneur, d’épouser Ségolène et de la faire ainsi Première dame de France. Valérie aura un château en Corrèze. La France reteint ses larmes lors du mariage à Notre-Dame. L’audimat bat des records, le peuple exulte. Ouf ! La France recouvre la paix dans son cœur.

    Nicolas S. a finalement perdu sur le fil, mais la déconvenue des législatives se transforme en attaques innommables de la part de ses anciens courtisans tant pour son action à la tête de l’Etat durant son mandat et que pour la façon, incompréhensible, qu’il a eu de conduire cette campagne présidentielle. C’est la révolte, l’UMP vole en éclat. Carla court les cabarets parisiens avec des chansons contant sa vie élyséenne. Il est la risée de tous. Il se retire sur l’immense yacht d’un ami et médite. Tout d’un coup, la vie revient en lui. Sa décision est prise. Il va apprendre parfaitement l’anglais, accepter ce poste dans une grande banque Newyorkaise et tout faire pour regagner le cœur de Cécilia, la seule qu’il n’ait jamais vraiment aimé. Il est sauvé ! Informée, Angéla M. pleure de joie.

    François B. a encore perdu. Il a encore fait le mauvais choix entre les deux tours en choisissant de soutenir Nicolas S. Il est le loser de la politique française de ces dernières décennies. Le Centre explose de toutes parts. Marielle de S. est là, comme toujours. Il la regarde et soudain comprend. Elle sera toujours là, pour lui, quoi qu’il fasse. Toute sa pratique religieuse refoule. Il appelle au village, là-bas. Dit à Babette au revoir, elle peut tout garder, elle le mérite bien. Lui et Marielle partiront à la conquête de Paris, la ville des amoureux du monde entier et peut importe le résultat. C’est décidé. Enfin, le choix qu’il aurait du faire depuis tant d’années !

    Marine le P. sera passée d’une extrême à l’autre durant cette campagne. Mais les législatives auront donné à son parti suffisamment d’élus pour constituer un groupe à l’Assemblée nationale. C’est un exploit que ne réalisent pas le Centre, les Ecologistes et les Communistes. Impensable ! Prise par l’euphorie de ce triomphe, après tant de déconvenues et de soumission filiale, elle fait son coming out. Stupeur ! Jean-Marie ne s’en remet pas. Son parti la répudie. Elle s’en fout, sa ville sera Venise, c’est décidé. Elle y siégera comme l’avocate de toutes les minorités. Vive la vie !

    Devant tant d’évenements radieux, la France réunit en Congrès décide de remplacer son jour de Fête nationale par le 14 février. Le 14 juillet restera celui des flirts en politique, plus badins. Cela sied mieux à l’été. Enfin, une page de l’histoire de France est tournée, le pays se remet en ordre de marche, une fleur en bandoulière. La rose sans épines remplacera le coq.

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    Protéger notre « civilisation » ? Chiche, Monsieur Guéant !

    février 7th, 2012 by pcor

    Ce samedi 4 février 2012, devant un parterre d’étudiants français issus des milieux les plus conservateurs de notre pays - combien d’étudiantes à ce colloque ? -  M. Guéant a appelé à “protéger notre civilisation“. M. Claude Guéant est un haut fonctionnaire, passé par la faculté de droit de Paris, puis par l’Institut d’Etudes Politiques avant de faire l’ENA. Il fut préfet et était déjà conseiller au ministère de l’Intérieur il y a 35 ans.

    Nous pouvons considérer que ce monsieur a le parcours type du dirigeant français. Cela est tout à fait respectable, la question n’est pas là. Son parcours initial est d’ailleurs semblable à la plupart des candidats à cette élection présidentielle, de « gauche » comme de « droite », ainsi que de leurs seconds.

    Mais ses propos donnent à réfléchir, en dehors de toute réaction émotionnelle, si possible. Reprenons-les sur les points qu’il met en avant pour distinguer certaines « civilisations » d’avec la notre. Nous serions plus avancés que d’autres.

    Celles [les civilisations] qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient“, a-t-il argumenté. L’humanité d’une civilisation, pour M. Guéant, se reconnaît à « la défense de la liberté, de l’égalité et la fraternité. A celle qui « reconnaît la minorité des femmes et à celle qui ne s’appuie pas sur la haine sociale ou ethnique ». Bien. Propos intéressants.

    Peut-on revenir sur les combats « de civilisation » menés en France par les différentes composantes politiques de notre pays et reconsidérer qui et comment s’est positionné depuis des décennies dans le sens des items retenus par M. Guéant ?

    Sans vouloir développer ici de façon exhaustive l’histoire politique de notre pays, il est quand même surprenant de voir la « droite nationaliste, catholique et populaire » reprendre à son compte ces combats : l’égalité, la place des femmes dans la société et le refus de distinguer les populations par leurs origines sociales ou ethniques.

    Non pas que parmi ses sympathisants il n’y ait pas eu de combattants pour l’égalité ou autre. Mais, sauf erreur, ce sont surtout des mouvements contestataires de l’ordre établi qui adoptèrent la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en 1789.

    Quant à la reconnaissance des femmes dans la société, c’est encore plus surprenant. Et plus encore en France, un des derniers pays occidentaux à avoir accordé le droit de vote aux femmes. Aujourd’hui encore, la France de M. Guéant est un des pays où elles sont les moins représentées en politique et en économie.

    Il n’y a pas si longtemps – et ce temps est-il révolu ?- que de nombreux partis de cette « droite ultraconservatrice » proposaient le retour au foyer pour les femmes, ne serait-ce que pour laisser des emplois aux hommes. Mais bon, peut-être que là aussi, considérant l’équité hommes – femmes  de « nos » derniers gouvernements, de « notre » Parlement et de « notre » Sénat, nous pouvons donner la leçon aux autres.

    Et ces « civilisations » qui acceptent la tyrannie et la haine sociale ou ethnique ? Quelles sont-elles ? La société française aurait-elle oublié, au hasard, la Saint-Barthélemy de 1572, la révocation de l’édit de Nantes en 1679, les révoltes vendéennes de 1793, l’expansion coloniale sous le second empire, l’affaire Dreyfus, la rafle du Vel’ d’Hiv’, les morts du métro Charonne en 1962, … Devoir rappeler tout cela à un ministre de l’Intérieur de la République Française !

    Cela ne veut pas dire que les autres « civilisations » furent et sont meilleures. Mais simplement évitons d’oublier ce que nous sommes et d’où nous venons, nous aussi. Le paradoxe de la situation est que ce discours de M. Guéant, qui se veut « de condamner les civilisations qui ne respectent pas la liberté de conscience, la liberté d’expression et l’égalité entre les hommes et les femmes », a été prononcé devant des jeunes qui militent pour une France catholique traditionaliste, nationaliste et particulièrement normative pour ce qui est du fonctionnement de la cellule familiale.

    Nous en sommes à nous demander si ce genre de propos ne tiendrait pas plus du vœu de voir notre « civilisation » ressembler à celles de ces pays montrés du doigt. Mais ne faisons pas de procès d’intention.

    Disons simplement : chiche, Monsieur Guéant. Que « la droite et l’extrême droite » s’engagent sans concessions et agissent dorénavant pour la liberté, la fraternité, l’égalité homme – femme et le refus de toute haine sociale ou ethnique.

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